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    -Cabanocée sur la Côte acadienne au pays des Cajuns

La paroisse Saint-Jacques fait partie de la “Côte acadienne” qui est le nom donné par l‘histoire au tronçon du fleuve Mississippi colonisé par les Acadiens implantés en Louisiane à partir de 1764 et devenus Cajuns au fil du temps. Puis, les migrants acadiens arrivèrent en vagues successives jusqu’en 1795.

Courtoisie du ministère du commerce et de l’industrie de la Louisiane

En face de la communauté de Convent qui est aujourd’hui le siège de la paroisse Saint-Jacques, il y a sur la rive opposée du fleuve Mississippi une plaque historique qui indique que les premiers colons acadiens sont arrivés par voie terrestre en 1756-57. Ils auraient traversé les Appalaches en suivant les sentiers autochtones qui sillonnaient les montagnes séparant à l’époque la Nouvelle-France des colonies anglo-américaines. Malheureusement, aucune documentation de leurs péripéties n’existe. C’est à proximité de ces lieux que se trouvaient les terres agricoles concédées à Jacques Cantrelle en 1762 d’après qui la paroisse est nommée. On souligne que la paroisse Saint-Jacques de Cabanocée faisait partie du territoire ecclésiastique Les Oumas de l’Évêché de Québec.

Tout a commencé sur la « Côte acadienne » vis-à-vis Convent près de St. James (Saint-Jacques)

Jacques Cantrelle, un Français de la Nouvelle-Orléans, et Nicolas-Pierre Verret, commandant à Cabanocée, furent chargés par le gouverneur français sortant, Blaise d’Abbadie, d’aider les Acadiens à s’établir dans leur pays d’adoption. Les légendes colorées de la Louisiane nous apprennent que le mot Cabanocée signifie “cabane des canards” dans la langue des Autochtones. On peut imaginer que Jacques Cartier en 1534 aurait pu tout aussi interpréter le mot amérindien “kanata” pour signifier “ma cabane au Canada” ou peut-être “lieu où sont nos cabanes” ou encore “c’est notre village”. Nous ne le saurons jamais…

Les pionniers de Cabanocée

Jacques Cantrelle, originaire de Picardie, France, devint planteur en Louisiane. Il nomma sa plantation Cabanocée d’après le nom autochtone d’un bayou (bras secondaire du Mississippi) de la région. L’exploitation du domaine était gérée au quotidien par son gendre, Nicolas-Pierre Verret qui épousa Marie Cantrelle en 1750.

La première vague documentée de migrants acadiens est arrivée à la Nouvelle-Orléans en février 1764. Elle était composée d’une vingtaine de personnes, y compris plusieurs enfants, appartenant à quatre familles venues de Géorgie en passant par Mobile (aujourd’hui en Alabama). Le journal Georgia Gazette rapporte en date du 22 décembre 1763 “Hier, d’autres Acadiens, dénombrant environ 21, ont pris un voilier vers Mobile pour se rendre à la Nouvelle-Orléans” (traduction). Effectivement, le navire Savannah Packet quitta Savannah en Géorgie vers Mobile dans l’après-midi du 21 décembre.

Selon les appellations consignées, ce premier groupe d’Acadiens comprenait :

  • Jean-Baptiste Cormier et son épouse Madeleine Richard ainsi que leur cinq filles Madeleine, Marie, Marie-Anne, Marguerite et Anastasie ;
  • Jean Richard et son épouse Catherine Cormier ainsi que leur trois enfants, Jean-Marie (l’aîné), Rosalie et Joseph ; les deux plus jeunes sont nés en Géorgie ;
  • Olivier Landry et son épouse Cécile Poirier ainsi que leur trois enfants, Joseph et Marie (nés à Chignectou) et Jean-Antoine né en Géorgie ;
  • Jean Poirier et Marie-Madeleine Richard ainsi que leur deux fils, Joseph et Jean-Baptiste, aussi nés en Géorgie.

À l’exception des cinq enfants qui sont venus au monde en Géorgie, ils étaient tous originaires de l’isthme de Chignectou en Acadie. Il importe ici de les mentionner car ils représentent ensemble la genèse d’une Acadie profondément renouvelée.

Cathédrale Saint-Louis
La cathédrale (anciennement l’église) Saint-Louis de la Nouvelle-Orléans (photo crédit : 2020 St. Louis)

Les quatre inscriptions suivantes au registre des baptêmes de l’église Saint-Louis de la Nouvelle-Orléans pour l’année 1764 attestent que ces familles acadiennes ont réellement atteint la Louisiane : Joseph Poirier, Jean-Antoine Landry et Joseph Richard ont été baptisés le 26 février 1764. Quant à Jean-Baptiste Poirier, son baptême a eu lieu le 1 mars 1764 (source : Nouvelle-Orléans Actes sacramentels, volume 2, 1751-1771).

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