La baie de Malpèque (Magpeg) à Low Point
À Low Point (Pointe-aux-Vieux) les attraits naturels de Magpeg restent les mêmes (Photo crédit : fineartamerica, Frank Falzett, sans modification)

Le terme Malpèque est le dérivé français du mot mi’kmaq « magpeg », signifiant « la baie qui se gonfle » au gré des marées. Les Mi’kmaqs de l’historique île Lennox dans le nord-ouest de Magpeg racontent qu’ils vivent de cette magnifique et généreuse baie depuis des milliers d’années. Des fouilles archéologiques récentes à Pitawelkek révèlent que diverses activités ont eu lieu sur ce site côtier, bien avant l’arrivée des premiers colons acadiens, telles que le façonnage et l’affûtage des outils en pierre, la préparation et la consommation des aliments et la fabrication de récipients en poterie faite de terre cuite. C’est en 1728, trente ans avant le Grand Dérangement de 1758, que les premiers Acadiens se sont établis sur les bords de la Magpeg. La nouvelle colonie fut nommée « Malpèque », d’après le mot mi’kmaq. Elle était située sur une pointe de terre rouge (aujourd’hui appelée Low Point) qui s’avance dans la baie, adjacente à l’île Lennox et tout près de ce qui est aujourd’hui le parc provincial Green Park à Port Hill. C’est après la déportation de 1758 que l’endroit pris le nom mélodieux de « Pointe-aux-Vieux » avant d’être appelé Low Point. Elle a été la première colonie à l’ouest de Port LaJoye. Mais, qui étaient ces Acadiens de souche, d’où venaient-ils, et pourquoi ont-ils choisi Magpeg ?

La colonie de Pointe-aux-Vieux

La colonie de Malpèque a été fondée par Pierre Arsenault II, son fils adulte Charles et leur compagnon Jean Lambert. Sur une période de trente ans, d’autres familles acadiennes ont suivi, bâtissant ensemble une communauté insulaire. En 1752, la colonie avait atteint plus de trente-deux ménages et plus de deux cents personnes. Outre les Arsenault, les familles Blanchard, Boudrot, Comeau, Daigre, DesRoches, Doucet, Dugas, Giroir, Laviolette, LeBlanc, Martin, Poirier et Richard y ont élu domicile. Un groupe minoritaire non acadien venait de l’Isle d’Orléans (Canada), de Bretagne et de Normandie, France.

Pierre Arsenault II, considéré comme étant le « Père de Malpèque », est né en 1676 à Port-Royal en Acadie (Nouvelle-Écosse) de l’union de Pierre Arsenault I (originaire de France) et Marguerite Dugas (native de Beaubassin, Acadie). Charles, le fils de Pierre Arsenault II, avait 26 ans lors de son arrivée à Malpèque. La plupart des Malpèquois venaient de la baie de Chignectou, une riche région agricole réputée pour ses vastes marais où les gens du pays préféraient la terre à la mer. Il n’est donc pas surprenant que l’agriculture fût la base de l’économie réelle de Malpèque.

La baie de Malpèque à ses premières lueurs (Photo crédit : Robert Harding, First Light, sans modification)

Des terres fertiles, des arbres sains, un accès facile à la mer ainsi que la beauté du paysage ont été les quatre facteurs déterminants dans le choix de Magpeg / Malpèque.

Aux fins d’agencer la colonisation de l’île, son commandant Jacques d’Espiet de Pensens recommandait aux familles désireuses de s’y établir d’envoyer d’abord des personnes capables de défricher la terre et de fournir de la nourriture, de l’eau et un abri, avant de faire venir leurs parents et autres membres de la famille.

La maison acadienne ancestrale
La maison acadienne ancestrale était fréquemment destinée à être agrandie afin d’accommoder la croissance naturelle de la famille (artiste inconnu)

Sur le bout de la Pointe-aux-Vieux des fouilles ont dévoilé une maison d’origine en forme rectangulaire avec cheminée en pierre et four. Les archéologues y ont récupéré près de 20 000 artefacts, dont plus de 1000 clous forgés à la main, supports de porte, poignées de couteau en os, épingles droites utilisées en couture, vitres de fenêtre et des pièces démontrant que les habitants avaient accès à des marchandises en provenance d’Europe, y compris des verres à pied. Les ossements d’animaux déterrés et dépoussiérés témoignent du copieux régime acadien. Cela atteste que les insulaires gardaient du bétail comme des vaches, des cochons, des poulets et des chèvres et complétaient leur alimentation avec du petit gibier sauvage comme des oiseaux de rivage, du poisson et du lièvre d’Amérique. Il apparaît que les Acadiens de Malpèque ont vécu une vie confortable entre 1728 et 1758. À côté du site archéologique, les vestiges d’une église face à la mer ont été découverts. Il s’agit fort probablement de l’église dédiée à la « Sainte-Famille » qui a été érigée en 1753 par les paroissiens sous la vigie du père Bernard-Sylvestre Dosque, originaire du diocèse d’Aire, France, et dernier curé de Malpèque en Acadie.

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