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  • Saint-Jacques
    – Un curé si dévoué et attentionné
Eglise de Saint-Jacques actuelle
Eglise de Saint-Jacques actuelle, érigée de 1916 à 1918 (auteur Geai bleu, sans modification, licence CC-BY 3.0)

Située à 50 km au nord de Montréal, Saint-Jacques est la plus ancienne municipalité de la municipalité régionale de comté de Montcalm. Elle est aussi considérée comme le berceau acadien de la région de Lanaudière, un havre de bien-être pour les Acadiens…

La paroisse de Saint-Jacques fut fondée en 1772 par des familles de réfugiés acadiens sur un territoire qui faisait partie de la seigneurie de Saint-Sulpice, propriété de la compagnie des prêtres sulpiciens de Montréal. Compte tenu de leur histoire tragique, ces Acadiens furent sans doute parmi ceux qui étaient les mieux lotis au Québec. Ils eurent surtout la chance de bénéficier des bons soins d’un curé très dévoué et attentionné, le prêtre sulpicien Jacques Degeay, curé de la paroisse de Saint-Pierre-du-Portage, également nommée paroisse de L’Assomption, dans la seigneurie de Saint-Sulpice. Cette paroisse doit son nom à un méandre de la rivière L’Assomption, affluent du fleuve Saint-Laurent, où un sentier de portage était utilisé par les Amérindiens et les coureurs de bois. Mais dans la partie nord de la seigneurie, un vaste territoire restait à défricher et à coloniser…

Les Acadiens les mieux lotis

Vers 1760, les premières familles acadiennes qui fuyaient la déportation arrivèrent à l’Assomption. En 1766, douze familles acadiennes de retour de déportation, soit 80 personnes, furent également accueillies à l’Assomption, vite rejointes, en mai 1767, par une quarantaine d’autres familles, toutes provenant du Massachussetts ou du Connecticut. C’est tout naturellement que les prêtres sulpiciens de Montréal accordèrent des terres aux Acadiens dans la partie nord de la seigneurie, aux Ruisseaux Saint-Georges et Vacher. Sans doute avaient-ils déjà des sympathies pour ces fervents Catholiques meurtris par des années d’exil. Jacques Degeay déploya alors toute son énergie pour assurer à ces Acadiens déjà nombreux l’accueil le plus attentionné et le plus généreux dans sa paroisse. Il s’efforça de revalider à L’Assomption les mariages et les baptêmes qui n’avaient pas pu se dérouler normalement dans les colonies anglo-américaines, faute de prêtre. Ce curé était décidément la providence des Acadiens…

Site du vieux séminaire de Saint-Sulpice
Site patrimonial du vieux séminaire de Saint-Sulpice (Montréal). Vue de détail de la façade du séminaire (Cloé Zawadzki-Turcotte 2016, © Ministère de la Culture et des Communications *)

Les premières terres de Saint-Jacques furent défrichées en 1767 et les premières maisons construites en 1768. C’est dans la maison de l’Acadien Charles Forest que le curé Degeay célébra la première messe, en juin 1772. Deux ans plus tard les registres de la nouvelle paroisse étaient ouverts. Les Acadiens la nommèrent Saint-Jacques de la Nouvelle Acadie, en l’honneur de leur curé bienfaiteur et de leur ancienne patrie. Le curé Degeay, malade depuis 1771, mourut le 6 août 1774, laissant derrière lui ses Acadiens qu’il aimait tant mais aussi une seigneurie presqu’entièrement colonisée.

Voici quelques familles acadiennes pionnières de Saint-Jacques (source Bona Arsenault) : Claude Bourgeois, de Port-Royal, marié à Marie LeBlanc ; Jean-Baptiste Dupuis, de Grand-Pré, marié à Marie-Josèphe Granger ; Charles Forest, de Port-Royal, marié à Marie-Josèphe Robichaud ; Pierre Lanoue, de Port-Royal, marié à Anne Béliveau…

* Copie d’une œuvre publiée par le gouvernement du Québec, qui n’a pas été faite en association avec le gouvernement du Québec ni avec l’appui de celui-ci.

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