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  • Church Point
    – Plaquemine Brûlé devenu Pointe-à-l’Eglise

Comme en témoigne le Louisianais à la cravate papillon dans un court documentaire des archives de Radio-Canada, les Acadiens se sont installés dans les prairies cadiennes, pour élever du bétail et s’adonner à la culture comme ils le faisaient de façon prospère à Grand Pré en Acadie avant le Grand Dérangement.

Courtoisie de Atlas of Louisiana Surnames (source Acadians in Gray)

La colonisation de Prairie Mermentau entre les bayous Plaquemine Brûlé et Queue de Tortue dans la paroisse de l’Acadie s’inscrit dans le mouvement vers les grands espaces de l’Ouest où les terres de pâturage étaient providentielles. C’est à partir de « Prairie des Femmes » entre Arnaudville et Grand Coteau que se fait graduellement la migration au rythme des besoins et de la croissance des familles. Dans la suite, la communauté de Plaquemine Brûlé, devenue Pointe-à-l’Église (Church Point sur la carte ci-dessus) se manifeste vers 1780. L’un des premiers colons à s’établir dans la région fut Michel Comeau. On dit que l’origine de ce nom de famille remonte à 1348, dans la commune Pouilly-en-Auxois, située dans le département Côte-d’Or en France. À Pointe-à-l’Église et ses environs, les rues Arceneaux, Barousse, Bellard, Breaux, Bienvenue, Daigle, Fabian, Guillory, Janelle, Keller, Labbie, LeJeune, Richard, Thibodeaux, et Voitier commémorent admirablement les familles de langue française qui ont contribué au développement de Plaquemine Brûlé.

Développement de Plaquemine Brûlé

Les kakis d’un plaqueminier louisianais
Les kakis d’un plaqueminier louisianais au soleil (Photo crédit : Heather Kirk-Ballard, Louisiana State University AgCenter)

Plaquemine Brûlé tire son nom de l’arbre plaqueminier dont le fruit est communément appelé Kaki ou Plaquemine. Il s’agit d’une grosse baie globuleuse de la taille d’une tomate. Selon une lettre de René-Robert Cavelier, Sieur de La Salle, datée de 1682, les Amérindiens du pays appelaient cet arbre fruitier un « piakimina ». À la fin du 18ème siècle, désireux de créer des clairières « à la manière du pays », les Acadiens ont brûlé les taillis, y compris plusieurs plaqueminiers, de la même façon que les Amérindiens les brûlaient dans le but de faire pousser des pâturages susceptibles d’attirer des troupeaux de bisons.

Lucioles sur le bayou Plaquemine Brûlé
Lueur des lucioles sur le Bayou Plaquemine Brûlé (Photo crédit : Bob Dailey)

Le bayou Plaquemine Brûlé (renommé pour la lueur de ses lucioles ou mouches à feu) est l’un des quatre affluents de la rivière Mermentau qui prend sa source au nord-ouest de la ville de Lafayette et se jette dans le golfe du Mexique. C’est le nom d’un chef Attakapas de la fin des années 1700. Les trois autres affluents sont le bayou Nezpiqué (voulant dire nez tatoué), le bayou des Cannes (nommé ainsi en raison des nombreux roseaux qui poussent le long de son parcours ; Fabien et Louis Richard ont été parmi les premiers colons de ce bayou), et le bayou Queue de Tortue (nommé aussi d’après un chef Attakapas qui se prénommait Célestin La Tortue du temps de la Louisiane française ; la culture du riz est largement développée le long de ce quatrième bayou).

La littérature ayant trait au bassin de la Mermentau nous apprend que peu d’Acadiens se sont installés dans les prairies plus rudes du nord-ouest, plus précisément dans la prairie Mamou. Vers 1790 certains se sont ancrés dans Prairie Faquetaique (au sud-est de l’actuelle ville d’Eunice). À la fin des années 1700, quatre familles (soit 29 personnes) ont migré du bayou des Cannes au bayou Blaise LeJeune. C’était le plus à l’ouest où les Acadiens se sont établis avant l’achat de la Louisiane par les États-Unis en 1803. Après cette date historique, les Acadiens immigrés en Louisiane sont devenus des « Cajuns » de la Louisiane, et six d’entre eux, des éleveurs aisés des régions de Vermilion et de Carencro, ont acheté des terres (principalement à des Attakapas) près de Mermentau (le long de la rivière Mermentau) et dans la partie basse de Plaquemine Brûlé (entre les communautés actuelles de Crowley et d’Estherwood). De plus, après 1803, sept familles acadiennes d’Opelousas ont pris domicile au bayou Mallet, au bayou Jonas, au bayou Nezpiqué (près de son confluent avec la rivière Mermentau) et au bayou des Cannes.