> Nouvelle-Écosse Introduction historique

La Capture de Louisbourg, le 28 Juin 1745 (auteur Peter Monamy, domaine public)

VENI, VIDI, VICI

D’emblée, sachez que Nova Scotia est un nom latin qui signifie « Nouvelle-Écosse ». La province est baptisée ainsi par Sir William Alexander à qui le roi Jacques VI d’Écosse donne le territoire en 1621. Avant d’obtenir son appellation officielle, la Première Nation Mi’kmaq la désigne sous le nom « Mi’kma’ki » (pays des Mi’kmaqs), les Français l’appellent « Acadie » et pour les Anglo-Américains c’est « New Scotland » signifiant Nouvelle-Écosse.

Le village historique acadien de la Nouvelle-Écosse à Lower West Pubnico (Courtoisie de Nouvelle-Écosse)

En ce qui concerne les origines du mot « Acadie », les Malécites (l’autre principale nation autochtone de l’Acadie) emploient le mot « Quaddy » pour signifier là où les terres sont fertiles, au pays de Cadie. Puis, le mot Larcadie apparaît sur les cartes du XVIe siècle. En 1603, Pierre Dugua de Mons accepte, du roi Henri IV de France, des droits de traite et de pêche contre l’obligation d’établir une colonie en Amérique. Aux termes de sa commission, il reçoit le titre de lieutenant général « des côtes, terres et confins de l’Acadie, du Canada et autres lieux en Nouvelle-France » pour y établir 60 colons par an et christianiser les peuples amérindiens. Ils sont venus (VENI) surtout des régions de l’ouest de France, c’est-à-dire l’Aunis, la Saintonge et le Poitou.

Fondation de Port-Royal

L’Ordre du Bon Temps fondé par Samuel de Champlain, 1606 (Courtoisie de Bibliothèque et Archives Canada, domaine public)
La pièce « Théâtre de Neptune » écrite par Marc Lescarbot, 1606 (Dessin de Charles William Jefferys, domaine public)
Louis Hébert à Port-Royal et l’étude des plantes, 1606 (Œuvre de l’artiste Robert Thom, courtoisie de The Hanneman Archive)

Une tentative de colonisation a lieu en 1604 sur un îlot nommé île Sainte-Croix au milieu de l’embouchure de la rivière de même nom. L’hiver est dur et le scorbut décime près de la moitié des hommes. Au printemps suivant, les colons se déplacent vers le bassin de Port-Royal (aujourd’hui Annapolis Basin) et bâtissent une nouvelle habitation à plusieurs petits logis protégée par une palissade. Ainsi est né Port-Royal, la capitale de l’Acadie. Samuel de Champlain y fonde en 1606 l’ordre du Bon Temps et Marc Lescarbot, avocat et écrivain, présente « Théâtre de Neptune » sur les eaux calmes du bassin. C’est la première pièce de théâtre en langue française du Nouveau Monde. En outre, Louis Hébert, apothicaire parisien, devient le premier colon au Canada à tirer son autosubsistance du sol. En 1607, le navire Jonas est porteur de mauvaises nouvelles : les concessions accordées à de Mons ayant été annulées, les colons doivent rentrer en France. La garde des bâtiments est confiée aux Mi’kmaqs. Après trois années de halte la colonisation reprend. L’habitation de Port-Royal est en très bon ordre. Dès 1632, des Français régulièrement immigrent en petit nombre pendant près de 80 ans.

L’Acadie d’hier et d’aujourd’hui

Depuis Port-Royal, les Acadiens migrent progressivement vers le sud, le long de la côte, pour créer de petits villages de pêcheurs (ex. Pointe-de-l’Église sur la Baie Sainte-Marie et les Pubnicos), ainsi que vers le nord pour y établir des fermes, de Rivière-aux-Canards et Grand-Pré dans le bassin Minas, jusqu’à Beaubassin (Amherst) en passant par Cobeguid (Truro). Ils habitent aussi la région Tracadie-Pomquet près du détroit de Canso, ainsi que l’Acadie de Chezzetcook dans la municipalité régionale d’Halifax. Force-nous est de constater que les Acadiens, premiers bâtisseurs de la Nouvelle-Écosse, ont vu (VIDI) Mi’kma’ki et Quaddy au plus profond de leur âme.

En 1713, la France cède l’Acadie péninsulaire à l’Angleterre, soit la Nouvelle-Écosse sauf l’île du Cap-Breton. Quatre décennies plus tard le Grand Dérangement bouleverse la vie quotidienne du peuple acadien. Il ne fait aucun doute que l’objectif de la déportation massive des Acadiens entre 1755 et 1762 est de se débarrasser d’eux définitivement. Selon les écrits des Lords of boards à Londres « …les Français de la Nouvelle-Écosse ne seront jamais de bons sujets de Sa Majesté ». Le gouverneur de l’époque, Charles Lawrence, ordonne que tout bâtiment érigé soit brûlé pour assurer une expulsion sans retour. Ce but est un échec. La ténacité des familles acadiennes prévaut et leur donne une victoire (VICI) incontestable.

Selon les archives de la Nouvelle-Écosse, les Acadiens vivent aujourd’hui dans toutes les régions de la province. L’Université Sainte-Anne (avec cinq campus), la seule université de langue française en Nouvelle-Écosse, est un pilier institutionnel de l’Acadie contemporaine.

Campus de Pointe-de-l’Église, chef-lieu de l’université (Courtoisie de 2020 CBC/Radio-Canada)

Liste des communautés
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