> Ile-du-Prince-Edouard Introduction historique

Les terres rouges de l’Île-du-Prince-Édouard (Torpedo Factory Art Center)

De l’Isle Saint-Jean à l’Île-du-Prince-Édouard : une histoire à découvrir

Avant l’arrivée des premiers Français à l’Isle Saint-Jean, ancêtres des Acadiens d’aujourd’hui, les Mi’kmaqs peuplaient ce magnifique territoire, aussi grand que la région torontoise, qu’ils appelaient Epikwit signifiant « bercé par les vagues » (berceau sur les vagues) dans leur langue. Jacques Cartier, le premier visiteur de l’île en 1534, l’a décrit au Cap Kildare près d’Alberton comme le « coin de terre le plus beau qu’on puisse imaginer ». C’est en 1720 que la colonisation de l’Isle Saint-Jean a débuté avec les établissements acadiens de Port LaJoye, le centre administratif et militaire de l’île, Havre Saint-Pierre (près de Morell), Malpec (dans la zone orientale du comté de Prince) et Les Trois Rivières (maintenant Brudenell), parmi d’autres communautés du bord de mer, notamment Havre à l’Anguille, Tracadie et Pointe de l’Est. Dès le départ, les relations entre les gens de la Première Nation qui vivaient près du Havre Quiquibougat (aujourd’hui New London Bay) et les nouveaux insulaires ont été amicales. Parce que la déportation des Acadiens de l’île par la couronne britannique de 1758 est méconnue du grand public par rapport à celle de la Nouvelle-Écosse (l’Acadie péninsulaire) de 1755, nous traiterons ici brièvement de ce deuxième Grand Dérangement commémoré par le monument de l’Odyssée acadienne au lieu historique national de Skmaqn – Port LaJoye – Fort Amherst à Charlottetown, Île-du-Prince-Édouard.

L’Isle Saint-Jean sur les cartes des premiers explorateurs du continent. Elle a vraiment la forme d’un berceau, ce qui donne raison à son appellation d’origine (“bercé par les vagues”) par les Mi’kmaqs (carte de Jacques-Nicolas Bellin, domaine public)

Le contexte de l’époque

D’emblée il faut savoir que l’Isle Saint-Jean tire son nom de la concession donnée par la France à la Compagnie de l’Isle Saint-Jean ayant pour mandat d’amener des colons et, surtout, d’y développer l’agriculture. L’objectif clé était de produire de la nourriture pour la forteresse de Louisbourg parce que la terre de l’Île Royale (aujourd’hui l’île du Cap-Breton) n’était pas trop fertile. Les débuts du peuplement de l’Isle Saint-Jean sont lents, car les autorités françaises n’arrivaient pas à convaincre les gens de l’Acadie (Nouvelle-Écosse) de s’y établir en permanence. En 1748, la population blanche ne dépassait pas 700 insulaires. Toutefois, durant la déportation des Acadiens de la Nouvelle-Écosse en 1755, la population de l’Isle Saint-Jean augmente de façon spectaculaire. Lors de la chute de Louisbourg aux mains de l’Angleterre en 1758, la population de l’île s’élève à près de 5000 habitants. L’armée britannique force tous les Acadiens, à l’exception de quelques centaines, à quitter l’île, bien que la France ne renonce à sa souveraineté qu’en 1763 lors de la signature du Traité de Paris.

Bien que plusieurs noms français aient été anglicisés, la toponymie française de l’Isle Saint-Jean reste impressionnante, affichant admirablement l’ampleur de l’héritage français sur l’île. Selon le Commissariat aux langues officielles du Canada la partie nord de l’île, c’est-à-dire le comté de Prince (Évangéline, Summerside) est de nos jours majoritairement francophone. La province ne compte que trois comtés, Prince, Queens (Charlottetown), et Kings (Georgetown).

La déportation des Acadiens de l’Isle Saint-Jean en 1758

Monument de l’Odyssée acadienne à Port LaJoye (Photo crédit : La Voix acadienne, le 4 décembre 2018, Archives, sans modification)

Chaque année depuis 2008, la francophonie insulaire commémore le 13 décembre la Déportation des Acadiens de l’Isle Saint-Jean en 1758 et le naufrage de trois navires transporteurs dans lesquels ont péri des centaines d’insulaires acadiens.

Billet de Lucie Leblanc Consentino portant sur le naufrage des navires transporteurs britanniques Duke William, Ruby et Violet illustré ici dans la tempête

La Déportation des Acadiens de l’Isle Saint-Jean par les Britanniques a eu lieu d’août à décembre 1758. Quelque 3500 Acadiens ont été embarqués de force sur une vingtaine de navires vers les ports français de l’Atlantique, principalement Saint-Malo, et de la Manche. Trois navires, le Duke William, le Ruby et le Violet, ont fait naufrage, faisant plusieurs centaines de victimes. Le Duke William a sombré le 13 décembre 1758 au large des côtes de France, faisant à lui seul plus de 360 victimes. Environ 1700 Acadiens moururent en mer, soit plus de 50 pour cent des déportés. Le trois-mâts Mary, quant à lui, fut particulièrement touché par la maladie avec environ 255 décès (presque tous des enfants). D’autre part, des centaines d’Acadiens réussirent à s’enfuir vers le Canada, le cours supérieur de la Miramichi (au Nouveau-Brunswick), et les îles Saint-Pierre et Miquelon près de Terre-Neuve.

Gravure en bois des péripéties du peuple acadien guidées par la Stella Maris, à l’extérieur du musée acadien  (auteur Larry Tweed, licence CC BY 2.0)

Le Musée acadien de l’Île-du-Prince-Édouard à Miscouche, près de l’aéroport de Summerside, donne visuellement une idée de l’étendue des routes du peuple acadien dans le temps et l’espace, ainsi que de leur ancrage dans l’Acadie.

Déportation des Acadiens de l’Isle Saint-Jean

Liste des communautés
acadiennes

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