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  • Loreauville
    – Tout a commencé à Fausse Pointe dans un paysage radieux
Le lac Fausse Pointe
Le lac Fausse Pointe près de Belle Place (photo crédit : Mike Reyfman)

La municipalité de Loreauville dans la paroisse d’Ibérie s’appelait “Fausse Pointe” à l’origine, puis “Dugasville” d’après la famille Dugas, qui ouvrit un poste de traite sur le site. Elle devint ensuite “Picouville” lorsqu’un membre de la famille Picou a fait don d’un terrain pour y construire une chapelle. Plus tard, le village prit le nom de “Loreauville” en hommage à Ozaire Loreau, connu pour avoir financé la vieille église catholique et le cimetière et pour avoir contribué au développement agricole et économique de la communauté. Si Port-Royal est le berceau de l’Acadie (l’actuelle Nouvelle-Écosse au Canada), Fausse Pointe est l’endroit de l’Acadiane (c’est-à-dire les 22 des 64 paroisses composant la Louisiane, et constituant le “pays cajun”) où tout a commencé. Les Cajuns de Louisiane sont les descendants des Acadiens expulsés de leur patrie par les Britanniques lors du “Grand Dérangement” de 1755-57. Après un long périple en exil dans les colonies anglo-américaines, beaucoup d’entre eux se sont installés en Louisiane, alors une nouvelle colonie du Royaume de France.

Fausse Pointe sur les bords du bayou Teche, en aval du Poste des Atákapas (actuellement Saint-Martinville) et en amont de New Iberia, est un endroit magnifique où les jeux de lumières entre le soleil et l’eau ont ravi les réfugiés francophones. Bien avant les États-Unis d’Amérique, plus de 3000 Acadiens ont fait de la Louisiane leur patrie d’adoption. En 1765, le père Jean-François de Civray, un prêtre capucin de la Nouvelle-Orléans, a accompagné Joseph Broussard dit Beausoleil et ses quelque 200 compatriotes vers Fausse Pointe où la richesse du sol était convenable. Ce missionnaire clairvoyant envisageait déjà une “Nouvelle-Acadie”.

Carte de la colonie acadienne de Fausse Pointe, vers 1765 (Créateur : Timothy F. Reilly)

De façon géographique (voir la carte ci-contre) l’emplacement est un tronçon des bordures est et ouest du Teche qui s’étend du Poste des Atákapas jusqu’à la communauté de Belle Place, anciennement “le dernier camp (de réfugiés) d’en bas” près de New Iberia dans la paroisse d’Ibérie. De nos jours, le kayak est ici la meilleure façon de ressentir intimement l’âme indestructible du peuple acadien devenu cajun au fil du temps. Pour bien apprécier l’esprit de ces lieux riches en histoire, il faut connaître certains faits d’importance majeure.

Les campements de Fausse Pointe

Peu de temps après leur arrivée au Poste des Atákapas, un groupe d’Acadiens, y compris Beausoleil, décidèrent de s’installer en aval du poste sur des parcelles de terre de leur choix. Un sentiment de liberté, quoi ! Ils se sont dirigés alors vers la grande courbe en forme de proue dans le cours du Teche, surnommée “Fausse Pointe” ou, comme on l’appelait aussi à l’époque, “La Péninsule”. À cet endroit, les réfugiés ont bâti trois campements qu’ils ont nommés “le premier camp d’en bas” sur une élévation de deux mètres (6,6 pieds), aujourd’hui la communauté de Daspit, “le camp Beau Soleil”, aujourd’hui le village de Loreauville, et “le dernier camp d’en bas”, qui devint Belle Place. Ces campements étaient côte-à-côte. Un sentiment de fraternité ! Sachez que les administrateurs espagnols de la colonie avaient leurs propres appellations pour ces trois camps, c’est-à-dire Cano de tortugas ou Chenal des tortues pour le premier camp, Le Manque (d’information), et La Punta ou La Pointe pour le dernier camp. Évidemment, Beau Soleil (Beausoleil) n’avait aucune signification pour les Espagnols.

Les pères Capucins sont arrivés en Acadie en 1632. Ce sont eux qui ont ouvert les premières écoles régulières de toute la Nouvelle-France où les garçons et les filles de race blanche ainsi que les jeunes autochtones étaient admis sur une base égalitaire.

Statue de Notre-Dame de La Salette
Statue de Notre-Dame de La Salette devant l’église Saint-Joseph à Loreauville (photo crédit : un citoyen inconnu de Loreauville, licence CC BY-SA 3.0)

Le Grand Dérangement de l’Acadie de 1755-57 causé par l’indifférence d’un peuple à l’égard d’un autre a perturbé violemment des milliers d’Acadiens de tout âge. La statue de Notre-Dame de La Salette pleurant sur l’indifférence devant l’église Saint-Joseph à Loreauville, anciennement le camp Beau Soleil, rappelle au monde entier que les tempêtes peuvent être la création des hommes. Elle reflète aussi un sentiment d’égalité surtout durant les jours ensoleillés.

L’historien écrivain américain du 20ème siècle Carl A. Brasseaux, né à Opelousas en Louisiane, tient à nous rappeler que “Lorsque la Louisiane fut vendue aux États-Unis, les Acadiens se trouvaient à l’aube d’une nouvelle ère qui ferait d’eux des Cajuns de la Louisiane et non des Acadiens immigrés en Louisiane”.

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