En 1756, New-York était une ville de migrants qui comptait plus de 13,000 habitants. La plupart de ces immigrés étaient des jeunes serviteurs sous contrat d’engagement. En paiement de leur traversée transatlantique ceux-ci s’engageaient à travailler pour une durée spécifique. Ils venaient surtout de la Grande-Bretagne et ne recevaient aucun salaire. Cependant, les «engagés» étaient logés, nourris, vêtus et formés aux frais du «seigneur» qui leur versait une indemnité de fin de contrat. À l’arrivée des Acadiens en 1756, les autorités new-yorkaises leur imposèrent ce régime d’engagement pour mettre les gens au travail et éviter une hausse des dépenses publiques.

Trois groupes d’Acadiens débarquèrent à New York en avril et en août 1756. Le premier groupe, au nombre de 94, venu du Cap de Sable, Nouvelle-Écosse, à bord de la goélette Mary arriva le 28 avril 1756. Deux jours plus tard, ce fut le tour du voilier Experiment de jeter l’ancre dans le port de New-York avec ses quelque 150 passagers. Parti de Annapolis Royal le 8 décembre 1755 avec 200 Acadiens à bord, des vents violents ont détourné le vaisseau vers l’île St. Kitts dans les Antilles.

L’île des Gouverneurs
L’île des Gouverneurs (Courtoisie de 6SQFT)

Les exilés acadiens furent détenus et recensés sur l’île des Gouverneurs en face de New-York (photo) avant d’être répartis en province dans six comtés ruraux avoisinants au cours du mois de mai 1756. Ici, le recensement s’est fait sans convenance pour la dénomination des gens dont beaucoup étaient des mineurs (moins de 21 ans) pris en charge par des adultes comme la veuve Rouillée (recensée Ruille) accompagnée de dix enfants. Dans bien des cas, les noms furent horriblement déformés. Par exemple, les recenseurs ont inscrit Charles Lamolten, Ba Selena, Zakare Richard, Francis Quela, Jerema Gouder, Alexandre et Sera Etbert, John Malie, Globe Daucet, Louis Giroid, Daniel Gavon, et Peter Lorne. Puis, les Acadiens furent systématiquement dispersés dans les comtés de Westchester (Bronx), King’s (Brooklyn), Queen’s (Queens), Richmond (Staten Island), Orange et Suffolk.

Dimanche le 22 août 1756 une centaine d’Acadiens arrivèrent à grand-peine de Géorgie dans des embarcations de fortune. L’intention de ce troisième groupe était de retourner vivre et travailler en Acadie en remontant la côte atlantique. Leur odyssée se termina à New-York où il y avait en périphérie une pénurie de main d’œuvre.

Sous contrat d’engagement

Quelques semaines auparavant, la loi new-yorkaise sur la réglementation de l’engagisme fut modifiée pour autoriser les juges de paix des six comtés d’accueil d’exiger que tout adolescent orphelin soit lié à un seigneur honorable pour une période de temps jugée convenable. La loi du 9 juillet 1756 obligeait aussi les juges à veiller à ce que leurs pupilles soient traités équitablement et justement, et reçoivent à la fin de leur service «des instruments de métier, des vêtements et toute autre indemnité». Parmi les quelque 344 Acadiens dans la province de New-York en août 1756, 110 (32%) étaient sous contrat d’engagement dont les périodes variaient de quatre à sept ans.

Talent culinaire des Acadiens
À gauche, une casserole de pommes de terre, viande, oignons et bouillon, appelée une râpure, un pâté râpé ou un chiard ; à droite, un gâteau au pudding aux pommes (Photo crédit : Noah Fecks, recettes de Simon Thibault, Courtoisie du National Post)

Grâce au talent culinaire des jeunes filles acadiennes beaucoup de familles new-yorkaises ont connu et apprécié les grands classiques (photo) de la cuisine de L’Acadie d’autrefois. À New York, le peuple acadien a laissé sa marque avec simplicité et bon goût à travers le régime britannique d’engagement qui, à la même époque, avait son équivalent dans les colonies françaises d’Amérique, du Québec aux Antilles.

odio tristique Donec quis fringilla dolor. efficitur. dapibus amet, ipsum venenatis