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  • Saint-Martinville
    – Sur l’ancien territoire de chasse des Atákapas
Plaque à la jonction des routes 111 et 190 près de l’aéroport régional Beauregard (photo crédit : Otr500, licence CC BY-SA 3.0, sans modification)

Bien avant l’arrivée des Acadiens en 1765 le sud-ouest de la Louisiane était habité par les Atákapas, un peuple autochtone composé de six tribus. Ils occupaient aussi le sud-est du Texas. Ils étaient appelés par les Premières Nations avoisinantes “les gens” du pays. Ceux de l’est (en Louisiane) étaient “les gens du soleil levant” et ceux de l’ouest (au Texas) “les gens du soleil couchant”. François Simars de Bellisle, un navigateur français à bord du navire Maréchal d’Estrée, aurait été le premier Blanc à faire la rencontre des Atákapas parmi lesquels il vécut de 1719 à 1721. Il est resté en Louisiane jusqu’en 1762. Pendant son séjour louisianais il a participé à plusieurs expéditions à l’intérieur du pays (la Basse-Louisiane) et a visité divers postes de traite dont celui des Attakapas (même nation, différente appellation) dans la Paroisse de Saint-Martin.

Église Saint-Martin de Tours
Église Saint-Martin de Tours, au chef-lieu de la Paroisse de Saint-Martin (photo crédit : Z28scrambler, licence CC BY-SA 3.0, sans modification)

Aujourd’hui Saint-Martinville est le chef-lieu de la paroisse de Saint-Martin sur le rivage du bayou Teche. La municipalité se situe sur l’ancien territoire de chasse des Atákapas. Ce sont les Chitimachas, une tribu des Atákapas, qui auraient conféré au bayou Teche son nom, signifiant “serpent” en raison de la sinuosité de ses méandres. Les Européens sont arrivés au milieu des années 1700, de même que les esclaves africains. À cette époque, Saint-Martinville était une vacherie, mais les vaches ont été remplacées par l’industrie de la canne à sucre avant la fin du 18e siècle. Dès leur arrivée les réfugiés acadiens ont fondé l’église de Saint-Martin de Tours. On raconte dans les légendes qu’elle aurait été conçue par le lieutenant Louis Antoine Andry, un ingénieur militaire.

Beausoleil, un héros acadien

Affiche officielle du 250e anniversaire
Affiche officielle du 250e anniversaire, avec l’église Saint-Martin de Tours et le navire Santo Domingo en arrière-plan

Selon l’historien Charles Étienne Arthur Gayarré, entre le 1er janvier et le 13 mai 1765, environ 650 Acadiens ont débarqué à la Nouvelle-Orléans, soit dix ans après leur expulsion de l’Acadie par les Britanniques. Nous savons que le 24 avril 1765, Charles-Philippe Aubry, gouverneur par intérim de la Louisiane (l’Espagne n’ayant officiellement pris possession du territoire que le 5 mars 1766) écrit au Duc de Choiseul, chef du gouvernement de Louis XV, pour l’informer de l’arrivée à la Nouvelle-Orléans à bord du Santo Domingo de Joseph Broussard dit Beausoleil, un héros acadien, accompagné de quelque 200 migrants cherchant refuge en Louisiane. Ce groupe important était composé de 58 à 60 familles acadiennes. L’administration française a tout mis en œuvre pour aider les exilés malades et démunis et les installer dans une région leur permettant de devenir autonomes le plus rapidement possible. La région choisie fut le Poste des Attakapas sur les berges du Teche. En outre, un approvisionnement de six mois en provisions, munitions, bétail, outils et médicaments fut accordé aux colons. C’est au lieutenant Louis Antoine Andry (né à Paris, France) que le gouverneur confie la tâche de diriger les Acadiens vers leur nouvelle destination et de leur fournir une assistance adéquate.

Le 8 avril 1765, Beausoleil est nommé capitaine de la milice et commandant des Acadiens de la région des Atákapas, laquelle comprend, entre autres, les paroisses Saint-Landry, Saint-Martin et Lafayette. Décédé quelques mois plus tard, Beausoleil est inhumé, le 20 octobre, au camp Beausoleil, près du site actuel de la ville de Broussard, à quelques kilomètres au sud de Lafayette.

Héros de la résistance acadienne lors du Grand Dérangement, Beausoleil naît à Port-Royal vers 1702. À partir des années 1740, il participe activement aux affrontements entre Français et Britanniques sur le territoire acadien, réussissant quelques coups d’éclat, notamment lors du siège du fort Beauséjour par les forces britanniques en 1755. Après cet événement, Beausoleil aurait rejoint les troupes de Charles Deschamps de Boishébert et de Raffetot avant d’armer un corsaire qui réussit à déstabiliser les troupes anglaises présentes dans la baie Française (baie de Fundy). Blessé en 1758, il rejoint Boishébert à la Miramichi, d’où il poursuit la résistance. En 1762, les autorités britanniques réussissent finalement à le capturer et l’emprisonnent à Halifax. En 1764, Beausoleil mène un groupe important d’Acadiens vers la Louisiane.

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