• >
  • Chéticamp (Île du Cap-Breton)
    – Des lieux acadiens au nom évocateur

Chéticamp est une région acadienne au bord du golfe du Saint-Laurent, sur le versant occidental du plateau du Cap-Breton en Nouvelle-Écosse. Elle est située entre le parc national des Hautes-Terres du Cap-Breton au nord et Grand-Étang et la montagne des Écureuils au sud. Ces lieux magnifiques s’étendent sur plusieurs kilomètres le long de la piste Cabot. Son peuplement débute dans la décennie qui suit la signature du Traité de Paris de 1763, mettant fin à la guerre de Sept Ans entre la France et la Grande-Bretagne. Chéticamp tire son nom d’une expression Mi’kmaq signifiant « rarement plein », vraisemblablement en référence au Petit Étang sur La Prairie près du Buttereau au pied de la Grande Falaise dans l’estuaire de la rivière Chéticamp. Tous ces noms sont l’héritage d’un riche patrimoine au cœur d’un paysage où les habitats sauvages et la mer s’épousent avec une élégance surnaturelle. Un grand nombre de lieux-dits les accompagnent pour rappeler aux visiteurs le folklore des gens du pays.

Le belvédère de Cap-Rouge
Le belvédère de Cap-Rouge sur les Hautes-Terres à l’approche de Chéticamp (Photo crédit : Michel Rathwell, flickr, sans modification)

À l’époque de la colonie française de l’Acadie (1604 – 1755), Chéticamp était un territoire de chasse de la Première Nation Mi’kmaq. Même si aucun établissement permanent n’a été découvert à ce jour, il demeure néanmoins probable que des pêcheurs basques et bretons, présents dans le golfe du Saint-Laurent dès le XIIIe siècle, aient construit des structures à l’embouchure de la rivière Chéticamp pour sécher la morue. Selon Anselme Chiasson, un ethnographe et folkloriste né à Chéticamp, certaines familles, comme celles de François Chomable et de Jean François, se seraient établies à Chéticamp de façon temporaire. Dans son livre Description géographique et historique des côtes de l’Amérique septentrionale, publié en France en 1672, suite à plusieurs voyages dans la région, le gouverneur du Cap-Breton, Nicolas Denys (né à Tours sur les rives de La Loire) fait mention de Chéticamp où aurait existé une station de pêche.

Ici les bateaux de pêche sont un attrait incontournable (Photo crédit : Branimir Gjetvaj, sans modification)

Chéticamp est né de la pêche. Cette vocation ancestrale débute dans les années 1770 avec un port de pêche saisonnier géré par des familles huguenotes de l’île Jersey, une petite île de La Manche près de Saint-Malo, France. Les pêcheurs viennent surtout de l’Île-du-Prince-Édouard (anciennement l’Isle Saint-Jean) et d’Arichat (fondé vers 1720 sur l’Isle Madame, l’une des plus anciennes communautés de la Nouvelle-Écosse). En 1782, on ne comptait que deux familles acadiennes permanentes dans la région, c’est-à-dire les familles de Pierre Bois et de Joseph Richard, originaires de Port Toulouse, Acadie. L’une se serait établie au Buttereau, l’autre un peu plus au nord à Cap-Rouge. Leurs ruines sont toujours visibles.

Photo crédit : Joseph Moire Boudrot, WikiTree, sans modification

C’est en 1785-86 que la première vague de colonisation en permanence s’établit à Chéticamp. Les premiers habitants préfèrent les hauteurs du « Platin » au rivage du havre de manière à discerner tôt l’approche de tout navire britannique. À cette période, Joseph Frederick Wallet DesBarres (le premier lieutenant-gouverneur du Cap-Breton et ancien aide-de-camp du général James Wolfe) tente aussi d’attirer des Acadiens au Cap-Breton en leur offrant terres et vivres pour éviter qu’un trop grand nombre s’établissent à Saint-Pierre-et-Miquelon, au détriment du développement économique de la Nouvelle-Écosse. Puis, en 1790, quatorze Chéticantins, surnommés les « Quatorze Vieux », obtiennent une première concession de 7000 arpents des terres.

Bienvenue à Chéticamp
Bienvenue à Chéticamp (Courtoisie de La Société Saint-Pierre)

Les vingt lieux-dits qui suivent en disent long sur les gens de Chéticamp et sa région : l’Abîme, l’anse du Bois-Marié, le buttereau à Pierrot, la Cave à Loups, le Chemin des vieux, le Collet à Orignal, l’étang à Phirin, le Four à Pierre Bois, le Nique-du-Corbeau, la Grosse Tête, le havre à Marcel, la panwax à Piquet, Belle Marche, le Plé des Boeufs, la pointe aux Pois, la pointe Enragée, le quai à Braquette, le ruisseau du Mitan de l’Île, Saint-Joseph-du-Moine, Source Bouillante, la source des Bostonais, la Sucrerie, la Terre Rouge, Terre-Noire, et le trou à Pochard, entre autres.

French Rock
French Rock est la pointe la plus au nord sur le plateau du Cap-Breton (Courtoisie de Nouvelle-Écosse, Canada)
mattis adipiscing Lorem in Donec venenatis, Curabitur id, elementum sem, tristique ut