Au 3688, rue Angel Oak
Au 3688, rue Angel Oak (Courtoisie de TRAVELER of Charleston)

Le célèbre chêne d’Angel dans le parc Angel Oak à Charleston est un arbre majestueux (photo) dont l’âge est estimé à 500 ans. Il rappelle à tous les membres de la grande famille acadienne que certains déportés ont vécu leur vie avec dynamisme et aisance en Caroline du Sud. Ce fut le cas, par exemple, de Bazile Lanneau (La Noue devenu Lenud). En 1755, près d’un millier d’Acadiens furent déportés en Caroline du Sud. Sur les 24 cargos de fortune de seconde main nolisés et modifiés à Boston pour la déportation de deux personnes par tonne, six de ces navires insalubres ont jeté l’ancre dans le port de Charleston. Bien que chacun ait sa propre histoire, le Hobson et le Edward Cornwallis sont dignes de mention, car leur épopée ne peut pas être oubliée.

Selon les archives du Canada, Basile La Noue est né en Acadie le 11 novembre 1746. À l’âge de neuf ans, Basile, sa mère (Marguerite Richard) et ses deux frères Jean-Baptiste et François furent déportés vers Charleston, probablement à bord du Hobson, un navire de 177 tonnes, le plus grand des 24 transporteurs nolisés pour la déportation. Il quitta Port-Royal en Acadie le 8 décembre 1755 avec 342 passagers à bord, soit 43 hommes, 45 femmes, 120 garçons et 134 filles. Sa cargaison humaine ne dépassait pas la limite de deux passagers par tonne. Après 38 jours en mer, il arriva à destination. En 1756 sur la plantation Vanderhost, la mère de Basile, ainsi que François, moururent de la variole. Orphelin, Basile fut adopté (avec son frère Jean-Baptiste) par une famille locale et son nom devint Bazile Lanneau.

Au 150, rue Meeting
Au 150, rue Meeting (Photo crédit : Masawchak, sans modification)

Certaines recherches révèlent que Bazile s’est éduqué lui-même, a développé une entreprise florissante, est devenu un directeur de la banque de Charleston, ainsi qu’un commissaire et représentant de la ville. Il fut aussi un député à l’Assemblée législative de la Caroline du Sud en 1796, 1798 et 1802. Bazile décéda le 9 novembre 1833, à l’âge de 86 ans, et fut enterré dans le cimetière de l’église Circular Congregational (photo) à Charleston.

Seuls quatre des enfants de Bazile ont survécu jusqu’à la maturité, Emma Louise, Bazile René, Charles Henry et John Francis. Ils se sont tous mariés et eurent 30 enfants, ajoutant plusieurs branches à l’arbre généalogique des Lanneau qui prit aussi le nom de Lenud au fil des ans, en référence à Lenud’s Ferry sur la rivière Santee et à la famille Dupré.

Tous n’eurent pas la même chance

Le navire Edward Cornwallis, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, n’a pas respecté la règle de deux passagers par tonne. Ce transporteur de 130 tonnes quitta Beaubassin en Nouvelle-Écosse le 13 octobre 1755 avec 417 Acadiens à bord. Il atteignit Charleston cinq semaines plus tard avec seulement 207 passagers, soit 24 hommes, 25 femmes et 158 enfants. Pendant son voyage 210 déportés moururent en mer, un taux de mortalité de 50%. Avec une surcharge de 157 personnes à nourrir les provisions de bord, corrélées au nombre de passagers, vinrent à manquer. Ce délit flagrant peut-il être la cause d’un génocide intentionnel ?

De nombreux documents révèlent que la plupart des cargos britanniques ont transporté environ un tiers de plus de passagers que ce à quoi ils étaient conçus, entraînant un épuisement rapide de l’eau potable et des vivres. Les effets néfastes du surpeuplement et de la mauvaise alimentation eurent des effets dévastateurs sur la santé auparavant robuste des Acadiens en exil.

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