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  • Saint-Jean-sur-Richelieu
    – Un seigneur écossais pour L’Acadie
Rivière L'Acadie
Rivière L’Acadie, autrefois Petite-Rivière-de-Montréal, sur le territoire de Saint-Jean-sur-Richelieu (auteur Cantons-de-l’Est, sans modification, licence CC BY-SA 4.0)

Situé dans la partie ouest de la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, dans la municipalité régionale de comté du Haut-Richelieu en Montérégie, le village historique de L’Acadie fait aujourd’hui revivre la plus ancienne paroisse du Haut-Richelieu, fondée en 1782…

La paroisse servait une population catholique composée en majorité d’Acadiens de retour de déportation vers les colonies anglo-américaines, installés le long de la “Petite-Rivière-de-Montréal” (actuelle rivière L’Acadie). L’évêque de Québec, Jean-Olivier Briand, nomma la nouvelle paroisse “Sainte-Marguerite-de-Blairfindie”, dont l’église ne fut construite qu’en 1800 et 1801, au bord de la rivière, au cœur du village historique. Mais pourquoi nommer une paroisse catholique avec le nom d’une reine d’Ecosse et un titre de noblesse écossais ? Revenons aux années 1760…

Les nouveaux seigneurs de Longueuil

Le territoire de L’Acadie était alors partagé entre la baronnie de Longueuil, la seigneurie de Laprairie-de-la-Madeleine, propriété des Pères jésuites, et la seigneurie de De Léry. Les premiers colons de L’Acadie, des Canadiens-français, étaient sans doute déjà présents depuis les années 1750, attirés par la beauté et la fertilité des terres à défricher. Les familles acadiennes s’installèrent seulement à partir de 1763, par grappes successives, sur les rives de La Petite-Rivière-de-Montréal. En 1768, il arriva un groupe si nombreux (on parle de 80 Acadiens) que le village commença à s’appeler la Nouvelle Cadie, la Petite Cadie et de façon définitive L’Acadie. Beaucoup d’entre eux furent accueillis sur les terres de la baronnie de Longueuil. La jeune baronne y était forcément pour quelque chose…

Eglise Sainte-Marguerite-de-Blairfindie
Eglise Sainte-Marguerite-de-Blairfindie, construite en 1800 et 1801 (auteur François Charette, sans modification, licence CC BY-SA 3.0)

En 1768, la baronne de Longueuil, Marie-Charles-Joseph Le Moyne, fille posthume de Charles-Jacques Le Moyne, troisième baron de Longueuil, et de Marie-Anne-Catherine Fleury-Deschambault, n’avait que 12 ans. Etant encore mineure, la responsabilité de sa baronnie et des autres biens de la famille Le Moyne revenait à son grand-père maternel et tuteur, Joseph Fleury-Deschambault. C’est donc celui-ci qui concéda les terres aux Acadiens, du moins tant qu’il conserva la curatelle de la baronnie de Longueuil. En 1781, la baronne de Longueuil épousa le capitaine David-Alexander Grant, seigneur de Blairfindie (Ecosse). Grâce à ce mariage, le capitaine Grant devenait aussi seigneur de Longueuil. En homme d’affaires avisé, il considérait que la baronnie de Longueuil ne valorisait pas suffisamment son formidable potentiel agricole et réussit à en obtenir la curatelle par décision de justice la même année. En 1782, en fondant la nouvelle paroisse sous le vocable de Marguerite, reine d’Ecosse au 11ème siècle, et en ajoutant le nom de Blairfindie, l’évêque de Québec ne pouvait que plaire aux nouveaux seigneurs du lieu…

Voici quelques noms de familles acadiennes pionnières de L’Acadie (source Bona Arsenault) : Boudreau, Bourgeois, Brault, Clouâtre, Cyr, Hébert, Lanoue, Richard, Trahan…

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