Embouchure de la rivière Severn à Annapolis
Embouchure de la rivière Severn à Annapolis, lieu d’arrivée des Acadiens en 1755 (Peinture par Guido Borelli, sans modification, Courtoisie de Fine Art America)

Quatre voiliers britanniques transportant plus de 900 exilés acadiens arrivèrent à Annapolis, Maryland, dans la neige à la fin novembre 1755. À partir de là, ils furent dispersés autour de la baie Chesapeake, notamment à Princess Anne, Port Tobacco, Oxford et Baltimore. Face aux difficultés, à la discrimination et à la pauvreté environ 350 d’entre eux, près de 38% moururent au Maryland entre les recensements des Acadiens en 1755 et en 1763. La plupart avaient quitté cette colonie d’Amérique pour la Louisiane en 1770. Environ 200 Acadiens restèrent au Maryland.

L’arrivée inattendue à Annapolis de 913 démunis suscita de vives inquiétudes parmi la population locale qui ne dépassait pas 1000 âmes. La communauté ne pouvait prendre en charge les soins et l’alimentation d’un aussi grand nombre d’Acadiens. C’est pourquoi il fut décidé de les répartir autour de la baie Chesapeake. Seuls les déportés (178) à bord du voilier Leopard furent autorisés à débarquer à Annapolis. Ceux-ci furent initialement hébergés dans de grands entrepôts près du port sur les rues Hanover et Duke of Gloucester. Selon le recensement des Acadiens habitant Annapolis le 7 juillet 1763, on retrouve les familles de Pierre Célestin, Charles Dupuis, Étienne Landry, Joseph Melanson et Jean Sapin ainsi que les veuves Bellisle, Hébert, Manjeant et Meunier.

Le souvenir des Acadiens

Ce même recensement indique aussi qu’il y avait à cette date 27 résidents acadiens à Lower Marlboro, 58 à Upper Marlboro et 157 à Port Tobacco. Sur une liste de ventes à la clientèle au Port Tobacco on voit clairement que Michel (Michael) Poupard a acheté deux paires de souliers le 14 janvier 1764. Voir le site Acadians Were Here.

En 1767 à Port Tobacco, un certificat fut émis au navire Jane pour transporter «150 Français neutres (Acadiens) avec bagages» vers la Nouvelle-Orléans. Le vaisseau quitta Port Tobacco le 17 décembre 1767 et arriva à destination sans incident deux mois plus tard. Pierre Guédry et Claire Babin faisaient partie du voyage. Voir Saint-Louis de Natchez dans le volet Louisiane de ce site.

Princess Anne fut la première communauté du Maryland à adopter officiellement le 28 juillet de chaque année pour commémorer le Grand Dérangement des Acadiens. À Snow Hill, même s’il n’existe aucun vestige des Acadiens, une ancienne piste amérindienne rappelle aux visiteurs que les Acadiens utilisaient ce raccourci pour se visiter mutuellement entre Snow Hill sur la plage de l’océan Atlantique et Princess Anne sur la baie Chesapeake, d’où l’appellation populaire Beach to Bay.

La porte d’entrée de la maison Wye
La porte d’entrée de la maison Wye située au 26080, rue Bruff’s Island, Easton (Courtoisie de Acadians Were Here)

À Oxford en 1756, une cinquantaine d’Acadiens furent logés à la maison Wye, propriété du colonel Edward Lloyd III qui s’engagea dans une campagne d’aide aux Acadiens. En outre Matthew Tilghman, le Président de l’Assemblée générale du Maryland, accueillit cinq Acadiens à son manoir Rich Neck situé au 10770, rue Rich Neck, Claiborne.

Les annales du père jésuite Joseph Mosley sont les seuls témoignages de la présence des Acadiens à Tuckahoe Mission. Les mariages suivants y sont inscrits : Vincent Landry et Susanna Godin le dimanche 13 octobre 1765, Joseph Hebbert (Hébert) de Georgetown et Anne-Marie Landry de Oxford le jeudi 26 décembre 1765, Amant Babin et Anastasia Landry le mardi 14 janvier 1766, ainsi que Joseph Goudrau de Chestertown et Anne Tibodot (Thibodeau) de Snow Hill le dimanche 9 février 1766.

Une capsule historique du site traite séparément des Acadiens à Baltimore.

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