Tombeau des Acadiens
Tombeau des Acadiens, St. Marys, Georgie (courtoisie de Explore Georgia)

Retournez dans l’histoire du peuple acadien à travers les gravures sur les plus anciennes pierres tombales du cimetière Oak Grove à St. Marys en Géorgie. Certains Acadiens de Beaubassin ont préféré retourner en Géorgie plutôt que de s’établir dans une Louisiane espagnole après avoir quitté Saint-Domingue (Haïti). Leur plus grande tristesse en Géorgie fut de ne pas avoir eu un prêtre parmi eux. Cette anecdote étonnante est affichée sur le « Tombeau des Acadiens » à St. Marys située sur la côte géorgienne à 177 kilomètres (110 milles) au sud de Savannah.

Plus de 600 Acadiens furent déportés en Géorgie. Le lundi 13 octobre 1755, les navires britanniques Jolly Phillip et Prince Frederick quittèrent Chignecto, Beaubassin en Nouvelle-Écosse avec quelque 400 Acadiens à bord en destination de Savannah en Géorgie où ils arrivèrent après deux longs mois de voyage en mer. Le gouverneur John Reynolds les accueillit avec une certaine inquiétude parce que sa colonie peu peuplée et sous-développée ne comptait que 3000 habitants, dont la moitié était des esclaves noirs, et que les Amérindiens du flanc occidental de la Géorgie étaient alliés avec la Grande Louisiane française. Néanmoins, on a offert aux Acadiens le choix de s’établir en famille dans une demi-douzaine de petits villages le long de la côte géorgienne. Ceux qui ont préféré rester à Savannah bâtirent leur cabane sur la rive ouest de la rivière Savannah. Les Acadiens désireux de quitter la colonie reçurent l’autorisation de construire des embarcations. Quelque 200 Acadiens reprirent la mer, certains vers le nord, portés par le Gulf Stream et le vent, d’autres vers le sud, attirés par Saint-Domingue (Haïti).

Un savoir-faire reconnu

En 1757, le nouveau gouverneur, Henry Ellis, rapporta à la Chambre de Commerce de Savannah que «certains Acadiens sont très utiles à la colonie» (traduit de l’anglais). La fabrication acadienne d’avirons et autres produits nécessaires à la navigation et à la construction navale trouva rapidement marché aux Antilles. Il s’agissait là d’une belle reconnaissance du savoir-faire des Acadiens qui contribuaient au développement économique de la Géorgie.

En ce qui concerne Saint-Domingue, le Georgia Gazette du 9 février 1764 rapporte que «Les Acadiens qui quittèrent Savannah pour s’établir à Cap-François (aujourd’hui Cap-Haïtien) reçurent des plantations et des vivres pour deux ans». Une note au journal disait aussi que «Ce déplacement n’a pas bien fonctionné pour les Acadiens, car sur les 700 personnes qui y sont allées, 400 sont mortes de chaleur, de faim et de manque d’habitations convenables» (traduit de l’anglais). Voir les Colonial and Early American Newspaper Articles.

Pierre tombale de Joseph Desclaux
Pierre tombale de Pierre Desclaux (Courtoisie Detour Through History)

Dès le début de la révolution haïtienne en août 1791 plusieurs Acadiens revinrent sur la côte de Géorgie. Parmi eux, Joseph Desclaux, originaire de Sète en France, telle qu’en fait foi sa pierre tombale.

Malheureusement, les tombes non marquées dans le cimetière Oak Grove ne seront jamais identifiées. Pire encore, beaucoup de tombes, dit-on, ne seront jamais retrouvées car elles reposent sous des murs, des bâtiments et des routes. De plus, au cours d’une épidémie de fièvre jaune, des familles entières sont mortes à quelques jours d’intervalle et enterrées en masse dans des tombes de fortune ressemblant à des tranchées.

Selon une école de pensée populaire, la destinée de Joseph Desclaux et de ses compatriotes acadiens de Beaubassin fut guidée jusqu’à son décès à St. Marys de Géorgie par l’étoile Stella Maris de Marie.

Le quartier historique de St. Marys
Le quartier historique de St. Marys, où se trouve le cimetière Oak Grove, est inscrit au registre national des lieux historiques des États-Unis depuis le 13 mai 1976 (photo Tim Oliver, libre de droits)
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