À quelques exceptions près, la répartition des 961 déportés acadiens dans plus d’une centaine de communautés à travers le Massachusetts s’est faite avec gentillesse, dans le respect de la Loi au soin des habitants de la Nouvelle-Écosse (traduction) adoptée le 6 mars 1756. Cette loi humanitaire obligeait les autorités locales à fournir, aux frais de la province, des instruments aratoires et des outils aux hommes ainsi que des rouets et des métiers à tisser aux femmes, le tout n’excédant pas le prix de quarante schellings pour chaque personne. De plus, des maisons (convenables) devaient être fournies à tous les chefs de famille qui s’engageaient à l’autosuffisance : voir les Lois de la province du Massachusetts, 1755-1756, Chapitre 35

Le Journal de la Chambre des représentants (volumes 23 et 24 des Archives provinciales) offre de nombreux détails sur les appuis apportés aux Acadiens par diverses communautés. En voici quelques-uns au fil des ans :

  • Le 27 août 1756 la Cour générale accepte la requête de François LeBlanc de quitter Winthrop avec sa famille pour s’établir ailleurs où il y a de l’emploi.
  • A Plymouth le 22 avril 1757 la Cour accorde à Thomas Foster le remboursement de ses charges médicales pour soigner Charles Meuse et sa famille.
  • La Cour approuve le 21 décembre 1758 les dépenses encourues par la communauté de Sherborn pour son soutien à la veuve Gourdeau et ses dix enfants.
  • Les frais d’inhumation de certains Acadiens présentés à la Cour par le bureau des Selectmen de Hanover sont ratifiés le 5 janvier 1759.
  • A Boston la Cour valide en date du 26 avril 1760 la répartition des Acadiens entre les comtés en fonction de leur proportion de l’impôt provincial.
  • Le compte du transport des Acadiens de Rowley à Salem tel que soumis par les responsables est entériné par la Cour le 22 janvier 1761.

Voici pour examiner la collection des Archives (1629 – 1799).

Photo libre de droits

Sachez qu’entre Rowley et Salem se trouve le port de Gloucester dans la baie des Massachusetts, près de Boston, que Samuel de Champlain a visité et cartographié en septembre 1606 (photo), quatorze ans avant l’arrivée des Pèlerins qui ont fondé la colonie de Plymouth, aujourd’hui le Massachusetts, nommé d’après le peuple autochtone qui habitait les lieux. Au 18ème siècle, Joseph et Anne Doucet et leurs dix enfants ainsi que la veuve Eliza Janvire (de Jean Cyr), 72 ans, ont résidé à Gloucester, que Champlain a baptisé «Le Beau port» en 1606.

Sauf pour quelques pétitions à la Chambre des représentants et plusieurs requêtes devant la Cour générale du Massachusetts pour faire valoir leurs droits, le séjour des Acadiens dans la «Vieille Colonie» (de Plymouth) est sans trace.

Générosité de la population

Maison Paul Revere
Maison Paul Revere (photo crédit : Daderot, CC-BY-SA-3.0, sans modification)

Si toutes les maisons historiques qui ont côtoyé les 961 Acadiens en exil au Massachusetts pouvaient parler, elles nous diraient, à l’instar de Thomas Hutchinson (gouverneur de la colonie) dans son livre The History of the Province of Massachusetts Bay, from 1749 to 1774, que la générosité de la population locale et la bienfaisance des élites politiques méritent d’être soulignées. À Boston, 174 Acadiens résidaient aux environs de la maison Paul Revere (photo) construite vers 1680 au 19 North Square, aujourd’hui un musée.

Maison Fairbanks
Maison Fairbanks (Courtoisie de Sojourning Boston)

La maison Fairbanks à Dedham (photo), érigée vers 1637, est considérée comme la plus ancienne maison à ossature de bois d’Amérique. Au 18ème siècle, les familles acadiennes Benoît et Michel (Mitchell) ont résidé dans le voisinage.Voyez ici une soixantaine d’autres maisons du Massachusetts construites avant 1755.

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